En phase d’expérimentation depuis 2016, ce n’est que depuis le 11 janvier 2025 que la circulation inter-files est autorisée sur tout le territoire français avec la signature du décret n°2025-33. La circulation entre les files des deux et trois roues motorisés est désormais encadrée par la loi sur l’ensemble de l’Hexagone.
Quelles sont les règles pour pratiquer la conduite inter-files (CIF) ?
Ce qu’il faut savoir sur les conditions pour rouler en CIF
Bien qu’elle soit désormais légalisée, cette pratique est très encadrée par la loi.
Tout d’abord, avant de s’engager en inter-files, le motard doit signaler clairement son intention via l’utilisation des clignotants tout en restant vigilant aux angles morts et aux éventuels changements de files des automobilistes. Cependant, cette pratique est interdite en cas de neige, de verglas, de travaux importants ou de conditions rendant la chaussée dangereuse.
Pour que la CIF soit justifiée, il faut que la circulation soit dense et forme des files ininterrompues, un simple ralentissement ne suffit pas. La vitesse ne doit jamais dépasser les 50km/h en inter-files et le différentiel de vitesse est limité à 30km/h par rapport aux autres véhicules. Toutefois, si l’une des deux files est à l’arrêt total, dans un bouchon, la vitesse du deux ou trois roues motorisé doit être réduite à 30km/h en CIF. Il est interdit pour un usager pratiquant la CIF de dépasser un autre usager de deux ou trois roues circulant en inter-files. Il est également proscrit de forcer le passage ou de tenter de passer si l’espace entre les véhicules est clairement insuffisant.
Lorsque la vitesse d’au moins une des deux files dépasse les 50 km/h, le motard doit reprendre sa place dans la circulation normale et cesser la circulation inter-files.

Quelles routes sont concernées ?
Seules les routes et autoroutes composées d’au moins deux fois deux voies, séparées par un terre-plein central, et dont la vitesse maximale autorisée est comprise entre 70 et 130 km/h sont éligibles à la CIF.
Néanmoins, le périphérique parisien est l’exception qui confirme la règle car la circulation inter-files y est autorisée malgré que la vitesse de circulation soit de 50 km/h.
Les motards pratiquant la CIF ne pourront le faire qu’entre les deux voies les plus à gauche.
Quels véhicules sont éligibles à la CIF ?
Ce sont uniquement les deux-roues et trois-roues motorisés de moins d’un mètre de large qui sont autorisés à circuler en inter-files.
Les side-cars, quads et tricycles à voie large ne sont quant à eux pas autorisés à pratiquer la CIF.
Quelles sanctions en cas de non-respect ?
A l’occasion de la mise en place de cette nouvelle mesure, une sanction a été créée pour le non-respect des conditions de la pratique de la CIF.
Le non-respect d’au moins une des conditions sera sanctionné d’une contravention de 4ème classe, soit une amende forfaitaire de 135€, et du retrait de 3 points sur votre permis de conduire. Cette infraction pourra être constatée par vidéo-verbalisation.

Risque-t-on d’observer davantage d’accidents ?
D’abord expérimentée sur les 8 départements de la région Ile-de-France, dans les Bouches-du-Rhône, la Gironde et le Rhône entre 2016 et 2021, la pratique de la CIF avait été étendue sur 21 départements depuis 2021. C’est à l’issue de ces 2 campagnes d’expérimentation successives de la CIF dans quelques départements que celle-ci a été étendue à tout le territoire.
Le rapport du CEREMA, le centre d’études qui était chargé d’évaluer la pratique, a indiqué un taux d’accidentalité stable et a souligné que les règles expérimentales ont bien été acceptées y compris par les conducteurs de voitures. L’entrée en vigueur de l’autorisation de la CIF sur le territoire n’a donc pas ou peu d’impact sur l’accidentalité.
Le but de la circulation inter-files étant de diminuer les embouteillages, cette pratique vise donc à réduire le temps passé dans les bouchons pour les automobilistes mais également pour les motards.


